Un voyage en terres québécoises – À la rencontre d’Abel Turcault

Ah, ce bel Abel ! C’est qu’il se mérite ! Car « pour supporter le difficile et l’inutile, y’a l’tour de l’Île »[1], il vous en coûtera donc une visite à la microbrasserie de l’Île d’Orléans, « l’ensorceleuse »[2], toute proche de la ville de Québec.

1668. Île d’Orléans, à proximité de Québec. Abel Turcault, émigrant vendéen, travaille pour le compte du seigneur de l’île. Personnage haut en couleur, ce n’est pas un mais deux métiers qu’il exerce : fermier et meunier ! D’ailleurs, loin de passer pour un excentrique, son expertise le conduit à décrocher le prestigieux titre de maître farinier.

Son histoire, c’est un autre maître qui vous la raconte : Jean Lampron, maître brasseur, aidé de son partenaire François Dufresne. Rien de tel qu’une bière brune, forte, caramélisée et fumée pour vous conter sa vie.

Je pourrais vous détailler la robe acajou de cette scotch ale, sa mousse crémeuse aux bulles fines et homogènes, ou son corps à l’effervescence paisible ; ou alors m’attarder sur son nez bien malté, presque caramel, suivi par une entrée en bouche tourbée, laissant rapidement place à un bel arôme de caramel aux notes de toffee, dissimulant ainsi un alcool pourtant présent (8%), le tout se concluant par une certaine rondeur en bouche doublée d’une finale persistante.

Abel_Turcault

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est de partager avec vous l’émotion qui a accompagné sa dégustation. « A long time ago in a galaxy far, far away… » : comme vous l’avez peut-être déjà expérimenté, la découverte d’une bière s’inscrit dans un contexte, un moment partagé (bref, un réseau de relations enchevêtrées pour emprunter au registre de Michel Callon et Bruno Latour, mais on s’égare). C’est ainsi que j’ai rencontré Abel Turcault : autour d’un récit de voyage hiverno-québécois conté par ma famille. Je découvre alors qu’une bière, artisanale de surcroît, peut provoquer la même sensation qu’un whisky tourbé (là aussi, je pourrais vous retracer l’histoire de cet amour, mais nous n’avons pas le temps). Oui, l’odeur du feu de cheminée s’immisce également dans les malts et apporte ce je ne sais quoi digne d’un « OMG ! Je bois du feu de bois ! ». Ce choc gustatif m’a depuis conduit à visiter tous les dépanneurs se présentant à moi lors de voyages ultérieurs au Québec pour rapporter dans ma besace le précieux liquide. Ma quête des bières fumées venait de commencer …

Notez que Jean Lampron et François Dufresne de la microbrasserie de l’Île d’Orléans vous proposent une offre des plus variée et même un pub pour déguster sur place, reliant étroitement leurs créations à la ressource hydrique de l’île, aux personnages qui ont fait son histoire et aux produits locaux. Il me semble aussi important de mentionner que tout cela repose sur un procédé de brassage naturel sans sulfites ni agents de conservation.

Décidemment, cette « île de Bacchus »[3] mérite bien une petite visite, suffit juste de traverser l’Atlantique …

C


[1] Citation extraite de la chanson de Felix Leclerc Le Tour de l’Île (1975).

[2] En référence au nom autochtone pour désigner l’île.

[3] Appellation de l’île formulée par Jacques Cartier en 1535.

À propos de C

Errances conviviales entre la France et le Québec, je souhaite partager avec vous ma passion pour les bières - artisanales en particulier.

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