Une Bière In The Loire – Critique de livre

J’ai un ami et associé qui m’offre souvent des petits cadeaux. Il est généreux que voulez-vous, je ne vais pas m’en plaindre. L’un des derniers en date est donc un livre, l’autre étant un recueil des albums de Carmen Cru. Allez savoir s’il n’y a pas un sous-entendu ? J’aime les livres. Mon appartement commence à en être envahit mais je ne peux pas encore prétendre, comme ma voisine qui aime à défiler sous mes fenêtres en petite tenue, à une bibliothèque aussi grande que la sienne. 

Bref, revenons à nos moutons ou plutôt à nos chèvres. Mais pourquoi donc des chèvres ? Voilà qui fait le lien avec ce qui nous occupe présentement. Afin de diversifier un peu les sujets de mon blog, j’ai décidé de faire une critique de livre mais pas n’importe lequel : Une bière in the Loire. Oui parce que de bière, il faut parler !

Ce livre est l’autobiographie d’un anglais en reconversion « réfugié » à Braslou, petite bourgade de la vallée de la Loire. Cet anglais, Tommy Barnes décide de gagner sa vie en brassant du vent d’abord, de la bière enfin. Il raconte son parcours semé de bûches et d’embûches. Je ne vous spolie pas plus car il faut que vous lisiez ce livre. D’abord, j’ai ri de bon cœur car certaines situations décrites sont particulièrement cocasses. Je ne peux que vous le conseiller en version anglaise car les bouquins, c’est comme les films, c’est toujours mieux en VO. En effet, la traduction semble parfois un peu aléatoire et les phrases mal construites. Page 206, une erreur s’est glissée qui m’a choquée. Si l’on tente de faire abstraction de la traduction, n’ayant pas (encore) goûter ses bières, je ne sais pas si l’auteur a bien fait de choisir la bière. Toujours est-il qu’il n’atteindra malheureusement pas le niveau des ventes du dernier Margaret Atwood. Je suis parfois restée sur ma fin [de paragraphe].

Si je devais comparer ce livre avec une bière, je dirais que le nez est agréable, frais et aromatique, que l’amertume est franche mais un peu âcre et que le corps est plat. Ce n’est pas si mal me direz-vous, on a goûté pire. Oui, ce livre se lit comme une bière mal structurée se boit. Il lui manque un petit plus littéraire. Ce petit plus qui fait qu’une bière est meilleure qu’une autre. Voilà pour la forme. Parlons du fond maintenant.

Je pense que Tommy Barnes est un bon exemple de la tendance du marché français de la micro-brasserie. La France comptait 1600 brasseries début 2019. Certainement 300 de plus aujourd’hui. Comment ne pas se demander qui peut se prétendre brasseur lorsqu’il dispose comme seul et unique matériel d’un Grainfather (au mieux) et de deux cuves plastiques de 50L ? Comment peut-on vendre des bières alors même qu’elles sont parfaitement dégueulasses ? Tommy est, pour moi, un bon exemple des travers qualitatifs de la multiplication anarchique que les toutes petites brasseries apportent au marché.

Il ne suffit pas de savoir brasser dans sa cuisine, ni dans sa salle-de-bain pour faire une (bonne) bière commercialisable. Il est temps d’arrêter avec ce discours utopique. La bière, c’est comme la cuisine, ça s’apprend ! La gestion d’une entreprise, c’est comme les déclarations de douane, ça s’apprend aussi !

Comment est-il honnêtement envisageable de ne serait-ce que vouloir monter une brasserie dont la production annuelle n’atteindra même pas la dizaine d’hectolitres ? Comment espérer pouvoir se payer dans ces conditions ? C’est comme si moi je me mettais à enfiler des perles en me prétendant bijoutière… Je ne suis pas contre les initiatives, hein ! J’aime les créatif•ve•s et les courageu•ses•x. Je m’insurge, je m’énerve, je monte sur mes grands chevaux, Oui ! Impossible de ne pas aller dans le mur avec une approche si naïve. On dirait le doc dans Retour vers le Futur : ça finit par fonctionner mais c’est comme un gros coup de bol. Vous aimez, vous, jouer votre avenir sur un coup de bol ? Et puis, c’est un métier tellement facile : 35kg le fût inox de 30L. Et sinon, ça va ton dos ? Pas trop mal ? Mais suis-je bête ! Le fût inox c’est pour les grosses brasseries qui brassent dans des tanks à lait et qui ont dépassé les 1 000hL/an. Les riches et les nantis, quoi ! Stop, please. Tommy ton livre est pas mal et j’aimerai goûter tes bières en espérant qu’elles soient propres à défaut d’être bonnes…

Pour ceux qui ont compris l’ironie de mon dernier paragraphe, il y a peut-être un espoir. Pour les autres, je vous souhaite beaucoup de courage ! 

À propos de AllegoriA

Je m'implique au quotidien à développer une consommation durable et responsable de la bière artisanale française.

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