Les brasseries et le financement participatif

Sauf si vous êtes déjà en train d’hiberner, vous avez certainement remarqué les quelques projets de financement participatif émanant des brasseries qui font le buzz sur le web.

Tout d’abord, qu’est-ce que le financement participatif ou crowfunding?

Le financement participatif (crowdfunding en anglais) est un nouveau mode de financement permettant au grand public de soutenir financièrement et collectivement des projets qui le séduisent. Ce mode de financement se fait sans l’aide des acteurs traditionnels du financement (sans les banques, quoi!).

La raison essentielle pour laquelle ces brasseries font appel au financement participatif est simple : les banques ne prêtent pas ou peu aux « petits » brasseurs. Même pour 15 000 euros, c’est la croix et la bannière. Les derniers en date à s’être rebeller contre ça, sont Eglantine et Aurélien de la brasserie La Débauche qui ont brassée une bière au nom évocateur « Slap a banker » en français dans le texte « gifle au banquier » (faut le dire y en a qui mérite, d’autres aussi et j’en parle )

Petit focus sur 3 projets en cours que vous pourriez bien soutenir

1.La brasserie La Baleine

Bruno a décidé de faire appel à une toute jeune plateforme de financement participatif Miimosa pour financer une chaîne d’embouteillage (faut dire qu’embouteiller à la main c’est bien long et chiant…). Lancé le 27 octobre de cette année et inauguré le 6 novembre, ce site soutient exclusivement les projets des secteurs de l’agriculture et de l’alimentation. Pari osé pour Bruno qui fait le choix d’un site encore peu connu. D’ailleurs, il lui reste seulement 15 jours pour récupérer à minima 60% de la somme demandée (il est à 57%, un petit coup de pouce et grâce à vous, il aura au moins de quoi voir ses bouteilles à moitié pleine). En contre-partie, vous aurez droit à quelques bouteilles et goodies. Et si vraiment vous êtes généreux, votre propre brassin. C’est pas la classe, ça?

2.Libèrez la brasserie de La Pleine Lune

C’est sur Ulule que vous pourrez « libièrez la brasserie de la Pleine Lune » en finançant une cuve ou plus précisément un fermenteur cylindro-conique. Pour faire simple, c’est là que la levure va tranquillement manger le sucre pour faire de l’alcool et du CO2 (j’ai dit simple, je fais très simple!). Bref, Benoit, Georges et Sylvain veulent se développer un peu mais surtout rentabiliser leur activité et donc leurs emplois. En contre-partie, c’est classique mais efficace, des bières, des goodies et des invitations à la fête de la brasserie le 21 mars 2015 (save the date, j’y vais aussi). Et pour quelques deniers supplémentaires, votre poids en bière (je vais grossir un peu ou alors faire appel à un carnavaleux de ch’nord qui pourra grâce à son klet’ch se faire passer pour moi).

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3.BAPBAP, Brassée À Paris, Bue À Paris

Ils ont fait fort nos amis de la BAPBAP et eux ont déjà réussi à « décapsuler Paris ». Faut dire que le projet est d’envergure. Situé dans le quartier Oberkampf, la brasserie s’élève sur 5 étages. Un bâtiment comme ça, dans Paris intra-muros, c’est déjà ambitieux. Vous pouvez toujours continuer à financer le projet, il vous reste 20 jours.

À propos de Doroley

Co-gérante des 4 magasins Bières Cultes et secrétaire de l'association Bières & Papilles, je m'implique au quotidien et via la Paris Beer Week, à développer une consommation durable et responsable de la bière artisanale et locale.

7 réponses à “Les brasseries et le financement participatif

  1. Je suis un peut critique face au Crowdfounding. Il me semble quand même que ce système de financement est déséquilibré (je parle du fonctionement général du système, pas que sur les brasseries) En effet, contrairement à un pret de banque, le bénéficiaire n’a pas du tout de dette a postériori. Mis à part les contrepartie, le donnateur ne touche rien. Je sais que pour les microbrasseire (surtout en Europe) le financement via les voies traditionelle est compliqué (pour ne pas dire impossible), mais la prise de risque fait partie de la création (ou l’agrandisement) d’un business.
    C’est une des raison principale pour laquelle je ne met pas d’argent dans ce genre de campagne, même si je leur souhaite de réussire leur campagne.

    Imaginons que le même principe pour un autre corps de métier : le BTP.
    « Si tu me paye un mur plus cher que le prix du marché, je peux acheter du matériel pour te vendre le reste de la maison »
    Qui roulerait pour ce genre de deal ?

    • Salut! Je peux comprendre ton point de vue mais cependant j’ai 3 remarques à faire :

      1. Décider de monter une brasserie, dans l’état actuel du marché, est un risque en soit. Je ne suis pas certaine que toutes les brasseries en activité aujourd’hui, tiennent sur le long terme. Si, le « consomm’acteur » accepte de contribuer à l’essor ou au maintien de certaines d’entre elles via ce biais, j’en suis ravie.

      2. Ces demandes de financement via des plateformes de crowfunding connues (ulule, kiss kiss et d’autres) sont aussi un moyen de communiquer et de mobiliser autour de son projet (on aime ou pas, ceci dit chacun est libre de donner ou pas et d’en parler ou pas).

      3. Le prix d’un mur n’est pas tellement comparable à celui d’une bière. Peux-tu me dire combien de bières de La Baleine tu as acheté sur une année? Perso, chacun donne ce qu’il veut 20 € +20 € +20 € + …. = le financement d’un peu de matos. Et si tu donne pas, ben bois!

      Voilà pour mon avis…

      • gealion

        Je suis tout à fait d’accord avec toi sur tous tes points 😉 Je pense que ma réflexion porte plus sur le Crowdfunding de manière général que sur le crowdfunding pour le milieu Brassicole. J’ai utilisé l’exemple d’un mur, mais j’aurais du prendre un exemple plus proche de la bière.
        Je ne dénigre en rien ces campagnes ni la bonne foi de leur bénéficiaire, je souligne juste qu’il ne s’agit en aucun cas d’un emprunt mais bien d’une levée de fond. Je trouve dommage que pour remplacer un emprunt, on se base uniquement sur des « dons » (avec contrepartie certe, mais don quand même) alors que l’équivalent d’un emprunt auprès de particulier existe aussi (voir mon commentaire ci dessous)

    • gealion

      Je fais un petit ajout a mon commentaire, l’emprunt participatif existe aussi : https://www.hellomerci.com/fr
      Bière de l’Ourq/Crazy Hop l’avait d’ailleur utilisé : https://www.hellomerci.com/fr/projects/biere-de-l-ourcq

  2. Bonjour et merci pour cet article intéressant,

    travaillant chez hellomerci, je confirme la très bonne compatibilité des projets des brasseries artisanales et du financement participatif via hellomerci ! Notre « recette » est le prêt solidaire entre particuliers.Testée et approuvée par la Brasserie de la Somme, la Brasserie de la Vallée de Chevreuse ou bien encore la Brasserie de l’Ourcq.

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